Bilan de ma première séance d’aquabike, et autres digressions

Nous quittons la chaleur tropicale et les aventures du bout du monde le temps de vous faire part de mon retour d’expérience (ou REX, comme on disait dans ma boîte) (on en disait, des bêtises, hein !) sur ma toute première séance d’aquabike.

Ceux qui me suivent en story sur Instagram savent que j’avais rendez-vous hier midi pour un bilan corporel. Et que j’étais fort motivée. J’avais le Point de la Motivation Ultime (ou PMU, comme on dira sur ce blog) (on va en dire des bêtises ON VA EN DIRE croyez-moi). Le PMU est un peu à la dépense énergétique et au bien-être ce que le Doigt Levé est à la découverte et à la conquête. Photo de Tania avec le PMU = Tania va faire du sport, manger du quinoa ou couper une courgette en douze. Photo de Tania avec le Doigt Levé = Tania est en goguette et a le sentiment d’être entrée dans la carte postale. C’est assez visuel finalement. Vous verrez. On s’habitue vite.

Ceux qui me suivent en story savent aussi que les trois semaines de vacances qui viennent de s’achever m’ont vue plonger sans aucun contrôle dans un étourdissant tourbillon de caïpirinhas, toutes plus fraîches et citronnées et fortes en cachaça les unes que les autres, et qu’il est désormais vraiment venu le temps des cathédrales et de la remise en forme.

Il y a plusieurs semaines, alors gagnée par une fièvre consumériste sans précédent – je veux bien le REX de tous ceux ayant quitté leur job après une très longue période de stress intense, est-ce une réaction normale, de se vautrer littéralement dans la dépense et la soif d’opulence ? – je suis tombée totalement par hasard sur une offre Groupon, proposant 3 séances d’aquabike et un soin minceur pour moins de 30 euros.

Etant toujours à la recherche du sport miraculeux qui me rendra plus forte et plus énergique – je ne cherche ni le muscle ni la minceur, je suis une personne LUCIDE – en faisant le moins d’effort possible, je me suis dit que l’idée de tenter une activité physique dans l’eau était ma foi fort bonne.

Il faut le savoir, je déteste le sport. J’adore me dépenser, mais les efforts pour les efforts, genre soulever de la fonte ou courir sur un tapis ou faire la planche en levant un bras ET une jambe ou transpirer comme un veau sur un vélo en écoutant de la transe goa JE NE PEUX PAS. Je tente, j’ai expérimenté une vingtaine de cours différents, mais, profondément, je ressens un tel rejet pour ce qui se passe dans mon corps à ce moment là – ce que l’on nomme communément la douleur – que je ne parviens pas à me motiver pour devenir assidue.
En revanche, donnez-moi des randonnées avec 2500 mètres de dénivelé, faites-moi marcher 18 heures d’affilée, mettez-moi sur le dancefloor avec du bon son qui arrache et je ne compte plus les litres de sueur versée.
J’ai besoin d’avoir du plaisir, et j’envie toutes celles et ceux qui en prennent en pratiquant des disciplines ayant rapidement un impact sur leur corps et leur organisme.
Ça n’est pas mon cas.
Je dois l’accepter.
Je suis une adepte de la Zumba, du Sh’bam et du Body jam – des séances de cardio chorégraphiés qui peuvent s’apparenter à de véritables cours de danse quand le prof est passionné – mais j’ai de fréquents problèmes de dos qui m’en privent sur de plus ou moins longues périodes.
Quand cela se produit, je compense en marchant. Beaucoup. Au moins deux heures par jour. Souvent plus.
Sauf que ce qui ressemblait à d’agréables promenades bucoliques quand le ciel était bleu et que j’étais en robe devient nettement moins agréable quand je suis en doudoune, qu’il pleut, que le sac en bandoulière tire sur la capuche et m’empêche de tourner la tête à ma guise et que ma vue est obstruée par les poils de la fausse fourrure de ma capuche et qu’ils se confondent avec mes cheveux et que je risque ma vie à chaque traversée de rue et que je glisse sur le trottoir et que mes lunettes tombent par terre et qu’en les ramassant mon sac passe par-dessus mon épaule et qu’il s’ouvre et que tout mon merdier se retrouve sur le sol humide et que je me fais klaxonner et que je n’y vois plus rien parce que mes lunettes sont pleines de givre. Vous en conviendrez.
Il me fallait donc trouver de nouvelles perspectives – et cette offre Groupon tomba à point nommé.

Hier, j’ai donc eu rendez-vous pour effectuer un bilan corporel – pré-requis pour bénéficier des séances auxquelles vous avez droit.
Je ne jugerai ni du professionnalisme ni du niveau d’expertise de la jeune fille qui s’est présentée comme nutritionniste, je vous dirais juste qu’elle était souriante, sympathique, pleine de tact et surtout qu’elle m’a dit que je n’étais pas en surpoids. Ce qui lui a valu dans ma tête un aller simple direct vers le panthéon des belles personnes.
Elle m’a interrogée sur mon niveau de motivation, mes objectifs, mes habitudes alimentaires et la nature de ma cellulite. J’avoue avoir manqué d’acuité quand il s’est agi de déterminer si la mienne était peu incrustée, moyennement incrustée, très incrustée ou tellement incrustée qu’on pourrait cacher des pièces de 5 centimes entre chaque capiton et danser la samba sans qu’aucune ne tombe au sol.
Elle m’a pesée, ce que je ne fais presque jamais moi-même, et a calculé mon IMC, qui est de 22 et des petites poussières de gras. C’est alors qu’elle m’a affirmé que je n’étais pas en surpoids. Et que je l’ai aimée. Sur le champ.

Alors oui, vous allez me dire, “Oh Tania, avec ton corps de rêve, comment as-tu pu penser un seul instant que tu étais en surpoids ?” et je vous aimerai, vous aussi, pour ça. Mais détrompez-vous. Je sais comment m’habiller, c’est tout. Et bien choisir mes photos.
Je pourrais faire douze milles articles sur mon rapport au corps, au poids, à la bouffe, tant ces sujets ont obstrué mon existence mais je m’éloigne de plus en plus du sujet initial, qui était MON RETOUR D’EXPERIENCE SUR MA PREMIERE SEANCE D’AQUABIKE.
J’imagine les personnes ayant atterri sur mon blog en cherchant des infos là-dessus et qui se tapent une introduction sans fin sur moi et ma flemme et mes complexes et je me dis qu’il faudrait sans doute que j’embraye sur la suite – bien que l’idée d’être un jour référencée et que l’on atterrisse réellement sur mon blog en ayant tapé une recherche dans Google me fasse prendre une petite pause de contentement.

La conclusion de ce bilan corporel était donc :
– je ne suis pas en surpoids
– 3 kilos à perdre est un objectif raisonnable
– ma cellulite n’est pas encore incrustée (Yeah !)
– j’ai l’avant des cuisses musclées (Double Yeah !)
– j’ai l’arrière des cuisses nettement moins musclées
– j’ai 3 centimètres de graisse abdominale – elle m’a montré avec les doigts après m’avoir pincé le bourrelet, je dis 3 centimètres un peu au hasard, je n’ai pas vraiment le compas dans l’œil mais ça n’était pas plus de 20 centimètres c’est certain
– mon problème est surtout le relâchement du tissu adipeux – je sais, c’est DEGUEULASSE. J’ai fait le pari de l’authenticité sur ce blog et même si cela doit me faire associer des mots comme “relâchement” et “adipeux” à mon petit corps innocent, je le ferai.
– il me faudrait 30 séances d’aquabike et une palanqué de soins minceur pour régler tous mes soucis, moyennant plusieurs centaines d’euros.

C’est là que j’ai un peu décroché. J’ai été franche et directe avec mon interlocutrice – je progresse.

Je suis toujours abonnée à mon club de sport, et ce jusqu’en mai. Je n’ai plus de job et absolument pas les moyens d’investir dans une autre activité sportive. Néanmoins, j’ai 3 séances à faire, et qui sait, peut-être aurais-je un coup d’amour un coup de je t’aime pour l’aquabike, et que d’ici la fin de mon abonnement les tarifs auront été diminué par dix ? Qui peut prédire l’avenir, maintenant qu’Alain Gillot-Pétré n’est plus ? Pas grand monde. Et surtout pas moi.

Ah, pardon, on me dit dans mon oreillette qu’Alain Gillot-Pétré ne prédisait pas l’avenir non plus, qu’il présentait la météo plutôt. Certes, mains ça n’est pas une raison pour ne pas lui rendre un petit hommage.

Mon interlocutrice a semblé comprendre mon raisonnement et cette idée de pari fou sur l’avenir et les baisses des tarifs et ainsi s’en est fini mon bilan corporel.

Etant en plein mood PMU j’ai réservé pour une séance le lendemain, au saut du lit.
A 10 heures, quoi.
(Bienvenue dans le monde du chômage et de la glandouille, les amis ! Vous êtes en sécurité, ici.)

Et donc, ce matin, à 10 heures – essayez de visualiser un peu – je suis en maillot de bain et je me demande ce qu’il va se passer.

Je pénètre l’espace vestiaire, très propre, pose mes vêtements dans les casiers mis à dispo, enroule le bracelet tenant la clé autour du poignet, et file sous la douche obligatoire – un peu fraîche pour cette heure fort matinale.
Je découvre alors l’espace aquabike, un bassin contenant une dizaine de vélo. La lumière est tamisée. Deux femmes sont déjà en selle. Abba résonne dans la stéréo. Je choisis mon engin, celui au fond à droite, je glisse mes pieds dans les étriers (?) et je commence à pédaler doucement.
Le coach arrive et nous donne des instructions sur les positions à avoir, et je suis très rapidement surprise de la diversité des muscles qui peuvent travailler à partir d’un simple vélo posé dans l’eau, et des efforts que cela nécessite – efforts que l’on note davantage dans le souffle qui se coupe que dans la sueur versée puisque justement, on ne sue pas. On alors, on sue dans l’eau. Je ne sais pas, tiens. Quoi qu’il en soit, la comparaison avec le RPM – cette discipline de pénitents – est inévitable et donne un avantage écrasant à son cousin aquatique.
Je suis bien tentée de ralentir le rythme à certains moments, voire de zapper un ou douze mouvements, mais le vide sonore et visuel que cela entraînerait décapite toute envie de dissidence. Je suis nouvelle et ne tiens pas à me faire remarquer. J’ai un PMU à honorer, de surcroît.
Parfois j’ai le réflexe de chercher ma serviette pour m’éponger mais je comprends très vite que ça ne servirait à rien vu que je suis plongée dans l’eau des pieds aux épaules.
Les exercices s’enchaînent, jamais plus de trois minutes par mouvement.
Les mains sur le guidon, les mains au bord du guidon, les mains sous le guidon, les fesses en l’air, les fesses en scelle, les mains sur la scelle, les bras qui nagent le crawl, les bras qui nagent le dos crawlé, les bras qui nagent la brasse, je n’ai pas le temps de me lasser d’une position qu’on passe déjà à une nouvelle. Et, chose que j’ai hautement apprécié, cela se fait à son rythme. Le coach ne pousse pas sur le côté ALLEZ ON Y VA C’EST PARTI FAUT TRANSPIRER LES VIEILLES SI VOUS VOULEZ RETROUVER UN CORPS DE PUCEEEELLLLLE et cela rend le moment très agréable. (Je suis abonnée aux réflexions désobligeantes des coaches lancées du bout de la salle ALORS QUE JE SUIS A FOND et je ne suis pas une grande fan de ce type de situation.) (Je suis susceptible.)
L’heure s’écoule tranquillement, et nous parvenons à ce qui s’appelle le bonus : 1 minute 30 à pédaler au max dans la position de notre choix.
Faisant totalement fi de mes deux compagnes d’effort qui se mettent vaillamment en danseuse je remets mon cul sur la scelle et opte pour la plus facile.
Je lâche tout dans cette dernière ligne droite en attendant que l’on nous dise ”bravo les filles! C’est fini pour aujourd’hui !”
Je quitte mon fier destrier et gagne les vestiaires.
Et alors là, comment dire, celles et ceux qui fréquentent des clubs de sport apprécieront ces précisions à leur juste valeur : l’endroit met à disposition des usagères des serviettes moelleuses et roses, du shampoing, du gel douche, de la crème, du déo, des sèche-cheveux et même des lisseurs à cheveux – qui ne me servent à rien vu que j’ai des baguettes de tambours autour du visage mais je sais d’expérience ce que cela peut représenter pour certaines. Et, le clou du spectacle et de la praticité : une essoreuse à maillot de bain. Qui essore. Vraiment. J’ai mis le mien pour 3 x 10 secondes de secousses et j’aurais pu le glisser dans mon sac directement si je n’avais pas emporté un petit sachet dédié qui aurait été fort meurtri de ne servir à rien.
Cela signifie donc que l’on peut venir avec simplement son maillot et ses sous-vêtements secs et que le reste est fourni. Ce qui est un excellent point.

Au sortir du centre, je me suis sentie bien, très bien, apaisée, tonique, énergique, et c’est exactement ce que je souhaitais.

Il me reste deux séances, j’opterais peut-être pour des petites variantes type aquaboxing, aquafitness ou aquatraining, mais il me tarde déjà de remettre le couvert.

Vous l’aurez compris, ce premier REX est très positif. J’encourage quiconque ayant une démarche similaire à la mienne – se dépenser sans (trop) s’en rendre compte et sans avoir à maîtriser des postures de warrior – de tenter l’aventure si l’occasion se présente.

Et puis, il y a un soin Cellu M6 au menu qui promet de belles réjouissances.

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L’espace douche

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Les produits de douche

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Le lisseur ET le sèche-cheveux

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La fameuse essoreuse à maillot

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Le Poing de la Motivation Ultime (PMU) (OUI il faut que je fasse quelque chose pour ce vernis) (A chaque jour suffit sa peine.)

 

Je vous tiens au courant, évidemment.

2 réflexions au sujet de « Bilan de ma première séance d’aquabike, et autres digressions »

  1. Coucou Tania,
    En fait, il fallait s’inscrire pour laisser un message …
    je prends beaucoup de plaisir à suivre tes aventures. Tu écris très bien, ce n’est pas ennuyeux…
    Et puis, le Brazil 🇧🇷 !!!! Une de mes destinations coup de cœur !!
    Donc hâte de connaître la suite!
    Bisous
    Calou

    J'aime

  2. En te lisant, je (Garance) me rends compte que je suis exactement pareil que toi dans mon rapport au sport. Je déteste faire du sport pour faire du sport. Courir 1 heure, sans but, comme un chien fou, ne m’enchante guère. Il me faut des strass et des paillettes, et ton REX (allez, rigolons tous ensemble !) donnerait presque envie de faire un petit jogging vers la prochaine salle d’aqua-biking ! Bon, je pense que les treks en Asie suffiront dans un premier temps pour galber mes cuissots, mais pourquoi pas, dans un avenir plus lointain !
    Est-ce que tu as renouvelé l’expérience par la suite ?

    J'aime

Répondre à nospasenavant Annuler la réponse.

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